[…] On s’envolera par le premier avion au Pays du Soleil Levant. On mangera des sushis jusqu’à en avoir mal au ventre. J’esquisserai un sourire parce que tu ne sauras toujours pas te servir des baguettes. On se soulera tout l’après-midi au saké. Et dans la soirée, on écumera les rues de Tokyo, pour prendre en chasse Matsumoto Jun et Oguri Shun… […]

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On se rappellera la nostalgie des bancs du collège. Ceux, près des pierres en granite d’où on jasait gentiment sur la perversité de Thomas et Co ou sur le fantasme asiatique de Greg. On se souviendra alors aussi de l’ironie dont on usait pour parler des couples d'amoureux... Pourtant si beaux. A se tenir par la main. A s'embrasser ou se faire un câlin. Le doux souvenir du Voyage en Angleterre subsistant, je culpabiliserai encore de mon indélicatesse envers Auvergniot, alors que tu rirais à gorge déployée en me répétant le malin plaisir qu’aviez pris Rémi et toi, à lui dire qu’on était fait l’un pour l’autre alors que j'étais bien dans les bras de Il. Je te reprocherai ce sarcasme et on remplacera ce souvenir par le jour où Mimoun m’avait fait don de l’odeur de son postérieur en se frottant frénétiquement sur l’unique et seule feuille blanche qui me servait de support pour travailler… Te rappelleras-tu aussi la manière désopilante dont il a dit « Je vais te couper les cheveux » ? Il n’y avait que nous pour rire de ce genre de futilités. Comme la fois où j’avais les mains poisseuses de boules de fromage que tu avais fraîchement achetées à Champion. Ou ce fameux mercredi, où en cours de musculation, je m’étais faite voler ma chaussure gauche. Que d’émotions lorsqu’il avait fallu feindre une entorse à la jambe en prenant le bus…
On fera alors un saut dans le temps. Je n’aurais toujours pas rangé ma chambre. Tu seras encore en retard. On se fera à peine la bise mais on sera toujours aussi contente de se voir. Tu t’assiéras. Et tout en scrutant alentour la moindre présence de nourriture, tu me parleras de ta passion des drama. On se racontera ensuite nos tourments amoureux de post-adultes, nos histoires amoureuses grandioses et sensationnelles qui n’auront lieu seulement que dans un recoin de notre esprit. Tu feras toujours autant d’admirateurs et de jalouses. Et pourtant, tu ne le verras même pas. On sera aussi poursuivi par notre passé, et on préfèrera rester bouche bée au lieu d’affronter la réalité... Tu me consoleras en tentant de me convaincre que certains garçons sont de vrais goujats enfoirés. Je serais têtue et je m’enfoncerai un peu plus dans mon mirage.
Tu m’engraisseras alors au Churros.
Et un jour, on se fera un Chinois…
Et un jour, on ira au Japon...
Mon oxygène et moi.
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[…] On reviendra, Sarah et moi, nos bambins dans les bras…
On reviendra, Sarah et moi, avec en mémoire, le tendre souvenir de leurs papas… […]